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Les enjeux de la radioprotection en imagerie médicale
| Content Provider | Semantic Scholar |
|---|---|
| Author | Cordoliani, Ys |
| Copyright Year | 2010 |
| Abstract | ne grande part de l’imagerie médicale, radiologie et scanner en particulier, induit inéluctablement une exposition aux rayonnements ionisants, potentiellement néfaste. La radioprotection a pour but, dans le domaine médical de limiter au maximum ces effets néfastes, tout en conservant au patient le bénéfice diagnostique ou thérapeutique de l’examen. La radioprotection a longtemps été supposée science infuse du radiologue mais la grande majorité d’entre eux n’en avaient en réalité qu’une très vague idée car elle n’était que peu ou pas enseignée et surtout pas mise en pratique. En ce domaine, la transposition de la directive européenne a profondément modifié les obligations sinon les mentalités. Tout utilisateur de rayonnements ionisants à des fins diagnostiques ou thérapeutiques est aujourd’hui tenu de justifier d’une formation en radioprotection et d’introduire dans sa pratique l’estimation de dose pour chaque examen et l’autoévaluation en se référant aux données dosimétriques nationales pour chaque type d’examen que constituent les Niveaux de Référence Diagnostique (NRD). L’obligation de formation, vérifiée et attestée par la Qualification en radioprotection des patients est effective depuis juin 2009. L’estimation de la dose est une autre obligation inscrite dans le Code de santé publique, dont le bien-fondé ne peut être discuté : Connaître la dose qu’on délivre lors d’un examen, c’est permettre de n’utiliser que la quantité de rayonnement nécessaire à l’obtention du résultat et permettre un auto-ajustement permanent pour le plus grand bénéfice des patients. C’est aussi pouvoir répondre avec des arguments objectifs à des assertions fantaisistes quant à la responsabilité de la radiologie dans la genèse des cancers et ne pas laisser d’autres s’arroger le droit de déterminer le risque et de préconiser des « solutions ». À titre d’exemple, l’Institut de Veille Sanitaire (INVS) en 2006 annonçait la mise en place d’un « système de surveillance de l’exposition médicale aux rayonnements ionisants à visée diagnostique » (1). Pour justifier cette mise en examen de la radiologie médicale, l’INVS supputait un méfait sanitaire lié à l’exposition aux rayons X, à partir des données collectées par l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN). Les résultats de l’investigation préliminaire faisaient les délices de la presse, pour qui l’inquiétude fait vendre, tout particulièrement lorsqu’il s’agit de rayonnements ionisants. L’hydre nucléaire n’est pas loin ! On put lire ainsi dans l’hebdomadaire « Le Point » du 19 octobre 2006 : « L’IRSN a calculé que, du seul fait de ses visites chez le radiologue, chaque Français reçoit une dose de 0,6 à 0,8 mSv par an. Une dose qui, rapportée à l’ensemble de la population, causerait 2 500 cancers nouveaux chaque année. » On retrouve ici l’ineptie du calcul du risque théorique de cancer extrapolé à la dose collective : 0,7 mSv par Français multiplié par 60 000 0000 soit 42 000 Sv, avec un risque de cancer mortel de la population générale de 6 % par Sv (CIPR 2009) soit 2 500 cancers par an causés par la radiologie, C.Q.F.D. Pourquoi ce mode de calcul est il inepte ? Pas seulement parce qu’il fait appel à la relation linéaire sans seuil (RLSS), défendue bec et ongles par les professionnels de la radioprotection (2) mais contestée par la médecine (3), cela ne le rend que discutable. Il est inepte parce qu’il ne tient pas compte de l’histogramme de distribution de la dose dans la population : chaque année la majorité de la population ne reçoit aucune dose, un grand nombre reçoit des doses insignifiantes : clichés dentaires et extrémités, un petit nombre d’enfants, d’adolescents et d’adultes jeunes des doses significatives parce qu’ils sont atteints de pathologies diverses et l’essentiel de la dose restante est distribué à des gens très malades ou très âgés. Les scanners itératifs « corps entier » ou la radiologie interventionnelle ne concernent qu’une petite proportion de patients, donc une infime minorité de la population ; ces patients, dont la plupart ont plus de 60 ans, sont atteints d’une pathologie lourde, cancéreuse ou vasculaire. Les fortes doses qu’ils reçoivent seront sur eux sans conséquence parce que leur espérance de vie, du fait de leur grand âge ou de leur pathologie, est incompatible avec le risque stochastique modélisé par la RLSS. On estime que, dans les pays développés, près de 30 % des dépenses de santé consacrées à un individu concernent des soins délivrés dans sa dernière année de vie (4). À l’évidence, les explorations diagnostiques lourdes font partie de cet ultime baroud médical et notre expérience hospitalière quotidienne nous le confirme. La fin de vie des malades cancéreux ou polyvasculaires est rythmée par des explorations radiologiques dont la fréquence augmente en approchant du décès. Saupoudrer les fortes doses de ces examens de fin de vie sur une population générale pour calculer une valeur de mortalité induite dans cette population générale est donc inepte et réalise un bel exemple de sophisme d’observation mais ceci a échappé au comité de lecture du Lancet (5) et aux professionnels exclusifs de la radioprotection. Ce qui est dangereux, c’est que la conclusion de ce sophisme s’épanouit dans le terreau fertile de la terreur antinucléaire, extrapolée à tous les rayonnements et qu’elle est exploitée par les activistes écologiques dont les contre-vérités sont complaisamment médiatisées. Il faut donc savoir répondre, avec ces arguments, aux zélateurs du principe de précaution, mais il faut aussi balayer devant notre porte. Depuis des années les radiologues se sont bien gardés d’investir dans les données ingrates de la radioprotection. Quand un malade, curieux ou inquiet, s’enquérait de la dose reçue, il se voyait rassuré d’un « à ce niveau, ce n’est pas dangereux » mais si, impudemment, il insistait pour savoir quelle dose il avait reçu, bien peu de radiologues étaient capables de lui répondre. Dire à un patient qu’un niveau de dose n’est pas dangereux pour avouer ensuite ne pas savoir quelle quantité de rayonnement on a délivré anéantit le message et discrédite son auteur. Si la grande majorité des expositions et le fardeau principal de l’exposition radiologique concernent des gens âgés ou en fin de vie, il faut à l’inverse concentrer tous nos efforts de réduction de l’exposition radiologique sur la petite minorité en nombre et en dose que constituent les enfants et adultes jeunes. Toutes les données épidémiologiques crédibles s’accordent en effet sur une courbe U |
| Starting Page | 1184 |
| Ending Page | 1185 |
| Page Count | 2 |
| File Format | PDF HTM / HTML |
| DOI | 10.1016/s0221-0363(10)70170-0 |
| Volume Number | 91 |
| Alternate Webpage(s) | https://www.em-consulte.com/showarticlefile/271648/index.pdf |
| Alternate Webpage(s) | https://doi.org/10.1016/s0221-0363%2810%2970170-0 |
| Language | English |
| Access Restriction | Open |
| Content Type | Text |
| Resource Type | Article |