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Fêtes et représentations des marginaux à Valence aux XVIe et XVIIe siècles
| Content Provider | Semantic Scholar |
|---|---|
| Author | Tropé, Hélène |
| Copyright Year | 2001 |
| Abstract | Les representations de ces assistes vehiculaient de clairs messages. Orphelins et enfants exposes etaient mis en scene sous les traits de l'innocence, en particulier lorsqu’on les representait sous forme angelique. L’interpretation par les fous de certaines « lubies » (inversions sexuelles, travestissements, royautes burlesques) imprimait au debut des corteges une dimension ludique evidente, innocemment sacrilege dans ces processions festives ou les representations des marginaux puisaient aux sources d'une culture populaire connue de tous : triomphe des humbles, renversement ephemere des hierarchies, royautes burlesques, inversions, etc. On retrouve ces elements dans plusieurs des representations evoquees, notamment, dans celles des hospitalises de la Maison des fous, dans les coutumes liees a la fete de l'Enfant Perdu celebree au College Saint-Vincent-Ferrier (non sans rapport avec la fete des Saints-Innocents), ainsi que dans certaines representations des orphelins en petits cardinaux (1659). Le spectacle de la folie asilaire represente sur les chars de fous et de folles qui ouvraient les corteges faisait office d’attraction et de divertissement. Regroupes sur leurs chars qui etaient comme autant de jardins des especes, fous et folles de l’Hopital general interpretaient sur le mode du burlesque un abrege de diverses deviances ideologiques et amoureuses donnees a voir comme folies. Cette mise en scene des fous repondait a l’attente d’un public chez qui la Maison des insenses de la ville, espace de segregation ouvert sur la cite, suscitait de la curiosite et qui tirait du spectacle de l’exhibition d’authentiques fous une delectation certaine. La degradation par le comique des travers mis en scene permettait de representer ces assistes comme des deviants parfaitement inoffensifs cependant qu’elle facilitait leur association, en tete du defile, aux candides orphelins du College imperial Saint-Vincent-Ferrier. Ces assistes, ainsi mis en scene, constituaient donc une plaisante attraction qui predisposait favorablement le public au spectacle edifiant d’un corps social ideal et parfait et a la representation idealisee du pouvoir etabli et d’une societe d’ordres. La mise en scene de ces deux categories d’assistes, representes conjointement comme les proteges de la ville et comme des figures emblematiques de l’innocence, suggerait aussi l’excellence des autorites de la cite de Valence, capables de resoudre les situations anormales engendrees par les deviances en tous genres ainsi que par l’absence de tutelle parentale. Elle contribuait enfin a la representation theâtralisee d’une societe parfaite ou les marginaux avancaient devant les autorites qui les avaient soumis et integres a l’ordre religieux et social de la charite et de l’assistance. |
| File Format | PDF HTM / HTML |
| Alternate Webpage(s) | https://hal-univ-paris3.archives-ouvertes.fr/hal-01584769/document |
| Language | English |
| Access Restriction | Open |
| Content Type | Text |
| Resource Type | Article |