Loading...
Please wait, while we are loading the content...
Similar Documents
La mort est-elle une catégorie universelle ? Réflexions à partir de quelques données islandaises
| Content Provider | Semantic Scholar |
|---|---|
| Author | Pons, Christophe |
| Copyright Year | 2004 |
| Abstract | En m'appuyant sur quelques donnees ethnographiques, tirees de mes travaux menes en Islande, j'aimerai soumettre une reflexion plus generale qui pourrait se formuler ainsi : « La mort est-elle une categorie conceptuelle universelle ? » ou bien « La mort est-elle toujours pensee et pensable ? » A priori, ces formulations semblent faire echo a la these de Philippe Aries sur le " deni social " de la mort dans les societes modernes de l'Occident (Aries, 1975 ; 1977). Mais c'est precisement a l'inverse que je voudrai aborder la question. Arguant que desormais la mort en Occident est une mort cachee et refoulee au plus loin, Aries n'a-t-il pas paradoxalement contribue a en forger le concept, a faire de La Mort cette notion a la fois abstraite et neanmoins reelle, cette realite d'un ordre superieur qui transcende l'individu mais dont on peut se demander si on la retrouve ailleurs sous une telle forme ? Il s'avere curieusement que dans les etudes anthropologico-historiques le concept de La Mort est assez peu interroge, tant il est vrai qu'il nous semble etre donne comme une evidence. Chez les continuateurs de la pensee d'Aries, le debat se situe le plus souvent au niveau d'une presence/absence, plus rarement autour d'une essence/existence. Pour Louis-Vincent Thomas notamment, le clivage s'opere bien entre une " mort absente ici " et une " mort presente la-bas " , mais sans vraiment interroger ce qu'elle est (Thomas, 1975 ; 1985 ; 1988). Son propos est un message d'espoir pour l'Occident qui doit reapprendre a domestiquer cette bonne mort que d'autres connaissent ; c'est une question de methode dont les societes lointaines nous fournissent la recette, et dont la technique premiere en serait le rituel... A une epoque ou ces theses du " deni social " de la mort en Occident semblent etre devenues un sens commun contemporain, a la fois dans les milieux savants comme populaires, ou on assiste a de multiples formes de " reinjections rituelles " dans le souci methodique de repondre a cette re-domestication de la bonne mort, il n'est peut etre pas inutile de reposer la question de La Mort avant d'en discuter la presence ou l'absence. N'est-elle pas, au fond, une invention historico-culturelle dont on pourrait distinguer les lieux d'emergence ? Sur ce point, un detour par l'Islande – pourtant a l'occident de l'Occident – peut s'averer heuristique. Le partenariat symbolique entre morts et vivants en Islande |
| Starting Page | 269 |
| Ending Page | 277 |
| Page Count | 9 |
| File Format | PDF HTM / HTML |
| Alternate Webpage(s) | https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01141103/document |
| Language | English |
| Access Restriction | Open |
| Content Type | Text |
| Resource Type | Article |